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Le journaliste turc Hrant Dink a été assassiné le 19 janvier 2007, à Istambul, devant les bureaux de son hebdomadaire bilingue, arménien et turc « Agos ». Né à Malatya, capitale de l'abricot en Anatolie, d'origine arménienne, Hrant Dink suscitait la controverse dans son pays en raison de ses prises de position sur le passé arménien de la Turquie.
Hrant Dink se savait la cible des cercles nationalistes turcs et détesté d'une certaine droite dure, il avait reçu des menaces de mort ; il n'avait demandé aucune protection de police et continuait à lutter pour la liberté de pensée et d'expression en Turquie.
Avec d'autres intellectuels, dont Orhan Pamuk, prix Nobel de littérature 2006, il se battait pour la suppression de l'article 301 du code pénal qui permet de poursuivre pour atteinte à l'identité turque toute personne qui ose, notamment, parler de génocide arménien, plutôt que de "massacre", selon la terminologie officielle.
"Nous sommes tous des Arméniens" était inscrit sur des milliers de pancartes brandies au dessus des 100 000 personnes qui ont suivi les funérailles du journaliste, dont le liberté de pensée lui valut plusieurs procès, des insultes et des menaces ; elle lui valut sans doute aussi d'être assassiné.
Agos est un hebdomadaire bilingue, publié en arménien et en turc. Il est édité à Istanbul en Turquie depuis le 5 avril 1996. Il comprend 12 pages dont 2 en arménien et est diffusé à 5.000 exemplaires.
Créé en premier lieu pour servir les membres de la communauté arménienne du pays qui ne pouvaient suivre la presse turque en langue arménienne (Jamanak et Nor Marmara) en raison de ses méconnaissances linguistiques, Agos devint rapidement la fenêtre s'ouvrant sur le large public en Turquie grâce à l'usage du turc comme langue de publication
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