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- Missak Manouchian nait en 1906 dans un village arménien soumis à la domination ottomane. Il va sur ses neuf ans lorsque son père, un petit paysan, est victime des massacres perpétrés par les militaires turcs et qui aboutissent à un véritable génocide : le premier d'une telle ampleur, complété par diverses mesures d'extermination indirecte. L'année suivante, Missak perd sa mère, accablée par le chagrin, la misère et la maladie. L'orphelin est alors recueilli par une famille kurde puis par une institution chrétienne.
- En 1924, comme des milliers de ses compatriotes, l'adolescent se réfugie en France. À Marseille, il exerce différents gagne-pain. Pendant ses loisirs, il fréquente les « Universités ouvrières » créées par les syndicalistes de la CGTU et s'adonne à la poésie. Il saura bientôt maîtriser la langue de son pays d'adoption.
- Dix ans plus tard, il adhère au Parti communiste et milite plus particulièrement au sein de la M.O.I. (Main-d'Œuvre Immigrée) où se rassemblent ses frères d'exil. À l'intention de ces derniers il fonde successivement deux revues littéraires - « Tchank » (Effort) et « Machagouyt » (Culture) - puis un journal : « Zangou » (La Rivière)
- Quand éclate la Seconde guerre mondiale, Manouchian s'engage dans l'armée française. Puis, après la défaite et la rupture du pacte de non-agression germano-soviétique, il rejoint les FTP (Francs-Tireurs Partisans) de la Résistance clandestine. On lui confie alors la responsabilité de la section arménienne de la MOI (reconstituée par Arthur London : ancien des Brigades internationales, futur déporté puis auteur de « L'Aveu » ). Expédié dans la région parisienne, il prend la tête d'un groupe composé d'une vingtaine d'hommes et d'une jeune roumaine : Golda (Olga) Bancic, plus particulièrement chargée de convoyer les armes, avant et après les attentats.
- Selon la technique de la guérilla urbaine, le détachement multiplie alors les opérations contre les Occupants et leurs collaborateurs français : expéditions punitives, sabotages, vols d'explosifs, déraillements... Ainsi, entre autres actions d'éclat, une petite équipe parvient-elle à abattre un général SS responsable en France du STO (Service du Travail Obligatoire).
- Bien entendu ces succès provoquent les foudres des Occupants qui, avec l'aide des « Brigades Spéciales » françaises fortes d'un millier de policiers, mettent tout en œuvre pour neutraliser le détachement de « terroristes juifs et étrangers ». Filatures, arrestations, tortures et incitations au mouchardage aboutissent au repérage puis à l'arrestation de Manouchian et de son réseau. Pendant plus de trois mois, les prisonniers sont alors soumis à la torture. Mais les représentants du Reich hitlérien et de l'État pétainiste ne se contentent pas de cette victoire. Ils entendent aussi l'exploiter sur le plan politique. Le procès qui s'organise est un grand spectacle. Son but est évident, le président de la cour martiale le précise : il faut " faire savoir à l'opinion française à quel point leur patrie est en danger ". De fait, le groupe est essentiellement composé d'étrangers : huit Polonais, cinq Italiens, trois Hongrois, deux Arméniens, un Espagnol, une Roumaine et trois Français seulement. Parmi eux, neuf sont juifs et tous sont communistes ou proches du P.C. Leur chef est l'Arménien Missak Manouchian.
- Dans le même temps les murs de France se couvrent d'une affiche les désignant comme des criminels: l'Affiche Rouge. La propagande allemande veut montrer que ces hommes ne sont pas des libérateurs mais des criminels, des terroristes, des droits communs.
- Missak Manouchian tombera au Mont-Valérien, avec vingt-et-un de ses camarades hommes, sous les balles allemandes, le 19 février 1944. La femme, Golda Bancic, fut décapitée plus tard à Stuttgart. Joseph Epstein et vingt-huit autres partisans français seront fusillés le 11 avril 1944.
En vidéo, Léo Ferré chante "l'Affche Rouge" texte d'Aragon
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